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A trois mois du début de la saison estivale : L'été s'annonce « chaud » pour les professionnels du tourisme

A trois mois du début de la saison estivale : L'été s'annonce « chaud » pour les professionnels du tourisme

Rédigé par K. B. / Tourisme / jeudi, 15 avril 2021 00:42

Décadence. Treize mois après la décision des autorités de fermer les frontières du pays, l’Algérie vit en autarcie et n’accueille plus aucun touriste. Les professionnels du tourisme prennent leur mal en patience et espèrent la levée des restrictions sur les voyages avant le début de la prochaine saison estivale.

Le 23 février 2021, Mohamed Boughazi prenait ses fonctions à la tête du ministère du Tourisme. Dans une allocution lors de la cérémonie de passation des consignes tenue au siège du ministère à Alger, M. Boughazi a déclaré être à la tête d’un secteur « sensible et vital, notamment en matière de création de richesse ». Mais comment peut-on parler de création de richesse alors que les professionnels traversent une annus horribilis, durant laquelle il n’a été question que de sauver les meubles.

Selon l’expert international et président du Snav, Saïd Boukhelifa, le manque à gagner pour les opérateurs nationaux dépasse les 500 millions de dinars. Dans un entretien accordé à un titre de la presse nationale, il évoque un déficit de 2 à 3 millions de dinars minimum de pertes pour les nouvelles agences, et de 10 à 30 millions de dinars pour les spécialistes dans le créneau du tourisme religieux, Hadj-Omra.

Le bilan dressé par Boukhelifa est dramatique. Au terme d’une saison 2020 au goût de faillite, plus de 1.000 agences ont fermé, un autre millier suivra à la fin du printemps, « car au total, cela fera quatre saisons ratées, printemps, été, hiver 2020 et printemps 2021, auquel il faudrait rajouter la fermeture des aéroports et la suspension des lignes aériennes au départ de l’Algérie », explique l’expert.

Les voyagistes redoutent le spectre d’une nouvelle année blanche

Dans n’importe quel secteur économique, la création de richesse est tributaire des investissements. Dans le cas du tourisme, la promotion et l’accompagnement sont les deux autres maillons essentiels à la réussite de la chaîne de valeur de ce secteur si sensible aux fluctuations d’ordre macroéconomique. Or, tous les indicateurs convergent vers une situation de statu-quo en 2021. A commencer par la question des frontières et la reprise des vols internationaux qui tarde à se dessiner. En effet, et malgré une baisse constante des cas de contamination à la Covid-19, les autorités ne semblent pas convaincues par la réouverture des espaces aérien, maritime et terrestre pour permettre l’entrée de ressortissants sur le territoire algérien.

De plus, la cacophonie qui résulte de chaque information concernant une éventuelle ouverture des frontières irrite au plus au niveau les opérateurs du tourisme, qui ne savent plus sur quel pied danser. Mais ils ne sont pas les seuls à en pâtir . Acculée par sa situation financière difficile, la direction de la compagnie aérienne nationale algérienne Air Algérie a montré pour la première fois des signes d’impatience. Dans un communiqué publié lundi 29 mars, Air Algérie a annoncé un programme adapté pour « une reprise progressive » des vols.

« Toutes les destinations sont maintenues et leurs dates de reprise dépendent de la décision des pouvoirs publics pour l’ouverture des frontières et des décisions des pays de destinations concernant les modalités d’entrée sur leurs territoires », précisait le communiqué. Comprendre : la compagnie est prête pour la reprise des vols internationaux et n’attend que le feu vert des décideurs.

Autrement dit, une lueur d’espoir pour les agences de voyages, hôteliers et autres restaurateurs qui n’en demandent pas plus pour lancer la campagne été 2021. D’autant plus que la reprise des vols intérieurs d’Air Algérie au début du mois de décembre dernier a été jugée tardive par les voyagistes qui comptaient sur le tourisme local pour pouvoir combler un peu l’immense gouffre financier enduré en dix mois de suspension de leurs activités. Du côté des autorités, c’est silence radio. A ce jour, que nenni !

L’Algérie ne veut-elle pas de son tourisme ?

Devant autant de barrières à l’entrée des touristes en 2021, les professionnels s’interrogent, désormais, sur les intentions réelles du gouvernement quant au développement de ce secteur.

Une attitude « rédhibitoire » et « dissuasive », jugent certains experts qui ne comprennent pas non plus les réticences affichées par les donneurs d’ordres. Car à vrai dire, ce ne sont ni les moyens ni le potentiel qui manquent ! En janvier 2020, et à quelques semaines seulement de l’apparition du premier cas de contamination à la Covid-19 en Algérie, l'organisation britannique British Backpacker Society (BBS) déclarait que le pays possède le meilleur potentiel en termes de tourisme d’aventure qui pourrait la propulser comme première destination mondiale pour partir en voyage d’aventure, selon un nouveau classement.

Une distinction confirmée en février 2021 par la compagnie Qatar Airways, qui fait désormais la promotion de la destination Algérie. Dans un tweet officiel, la compagnie déclarait que « l’Algérie est actuellement classée comme la meilleure destination de voyage d’aventure au monde pour la prochaine décennie ! Commencez à planifier une visite à cette merveilleuse destination, où Qatar Airways effectue actuellement trois vols par semaine ».

Pour Boukhlifa, la fermeture des frontières, qui perdure depuis mars 2020, finira par porter l’estocade au tourisme, à travers la prise en otage des agences. Tandis que le ministère du Tourisme annonçait entre 1,5 million et 2,7 de touristes par an, la moyenne annuelle était de 2.000 visiteurs par an, durant la période 1990-2020.

L’expert préconise comme premier remède à la décadence que vit ce secteur, la reprise du Schéma directeur d’aménagement touristique (Sdat), véritable cadre de références de 200 pages, qui traçait un formidable plan de développement harmonieux 2008-2030. Lors de son achèvement en 2007, ce projet ambitieux portait le slogan suivant : « Le tourisme n’est plus un choix, mais un impératif, une priorité. Le tourisme constituera une ressource alternative aux hydrocarbures épuisables au cours de ce siècle ».

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