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Relance économique et sociale : Du pain sur la planche

Relance économique et sociale : Du pain sur la planche

Rédigé par Fayçal A. / Economie / samedi, 19 septembre 2020 09:00

Délicat. Confronté à une double crise économique et sanitaire ayant provoqué des dégâts sans précédent, le gouvernement de Abdelaziz Djerad a dû réfléchir à un nouveau plan de relance en associant les partenaires sociaux.

Les grandes lignes du nouveau plan de la relance socio-économique ont été dévoilées lors de la réunion du gouvernement avec les syndicats et les organisations patronales tenue les 18 et 19 août à Alger, sous la présidence du président de la République. Intervenant lors de cette rencontre, le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, avait souligné que la conférence nationale sur le plan de la relance économique intervenait dans une « conjoncture particulière » marquée par la chute des prix des hydrocarbures et la pandémie de nouveau coronavirus qui a fortement impacté les économies du monde.

Réitérant l’engagement de l’Etat à accompagner les exportateurs et les investisseurs afin de diversifier l’économie nationale et de renouer avec la croissance durable, M. Tebboune a annoncé une batterie de mesures devant permettre au pays d’atteindre au moins 5 milliards de dollars d’exportations hors hydrocarbures l’année 2021. Parmi ces mesures, il est question de la création d’un couloir vert dédié à certains produits, la cession d’une bonne partie de recettes en devise au profit des exportateurs, l’amélioration de la relation avec l’administration fiscale en plus du renforcement du rôle de la diplomatie dans la promotion des produits algériens à l’étranger. L’objectif demeure celui de réduire, à partir des deux années prochaines, la dépendance financière du pays des recettes des hydrocarbures à 80% contre 98% actuellement.

Outre la disponibilité de l’Etat à ouvrir des secteurs comme celui des banques et des transports aérien et maritime aux opérateurs privés, le gouvernement a assuré avoir affecté plus de 1.900 milliards de dinars au niveau des banques pour répondre aux besoins des investisseurs. Sur ce plan, le chef de l’Etat avait assuré que la situation financière du pays était « soutenable » avec des réserves de change de 57 milliards de dollars et des recettes d’exportation pétrolières de l’ordre de 24 milliards attendues en 2020.

Partant de ce constat, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a présenté, quant à lui, une nouvelle feuille de route visant à édifier une économie nouvelle. Dans le cadre de ce plan, des priorités ont été fixées avec des mesures urgentes aux effets immédiats, a expliqué le Premier ministre, précisant que la mise en oeuvre de ce plan se fera selon un calendrier fixé par le président de la République, qui s’étend à très court terme d’ici fin 2020, à court terme d’ici fin 2021 et à moyen terme d’ici fin 2024.

Ainsi, le nouveau plan est basé sur le renforcement du rôle du secteur privé et des institutions de la société civile. Il vise aussi le remplacement des produits importés par des produits fabriqués localement, la modernisation du tissu des institutions nationales et le soutien des petites et moyennes entreprises, en particulier les microentreprises et les entreprises émergentes.

Le plan de relance comprend également la révision de la règle 49/51 et la suppression du droit de préemption et son remplacement par une autorisation préalable du gouvernement, ainsi que la suppression du recours obligatoire au financement national pour les investissements étrangers et l’annulation du système préférentiel d’importation des groupes SKD/CKD. Il est prévu, en outre, la matérialisation de la transition énergétique et environnementale, à travers la mise à niveau de l’industrie manufacturière des ressources énergétiques et l’encouragement des énergies propres. Des réformes sont envisagées dans le domaine fiscal visant l’élargissement de l’assiette fiscale, la mobilisation des ressources et la digitalisation de l’administration fiscale en vue de lutter efficacement contre la fraude fiscale.

Le gouvernement s’est engagé aussi à oeuvrer pour améliorer le climat des affaires en simplifiant les procédures de mise en place des institutions, en fournissant des biens immobiliers et en bénéficiant de prêts et de services publics de haute qualité, ainsi qu’en modernisant la gestion et en luttant contre les comportements bureaucratiques. Parmi les autres objectifs du plan de relance, il est question, en outre, de la révision des règles de défense commerciale en révisant les accords économiques et commerciaux qui sont « injustes pour le pays » et en « réorientant » l’appareil diplomatique pour servir les intérêts économiques et de développement vitaux du pays.

Des mesures portant sur la gestion du foncier industriel de manière à permettre un meilleur accès aux terrains équipés et dotés de toutes les conditions nécessaires pour des projets intégrés ont été, par ailleurs, soulignées par le Premier ministre.

Notons aussi que le développement du secteur agricole constitue une des priorités du plan de relance du gouvernement qui prévoit la réalisation de divers projets, notamment au sud du pays, devant assurer la sécurité alimentaire et réduire la facture des importations qui avoisine annuellement la moyenne de 10 milliards de dollars (céréales, lait en poudre, sucre, l’huile de table, café, thé, fruits et légumes...).

Des actions seront également entreprises pour promouvoir et soutenir les activités économiques fondées sur la connaissance à haute valeur technologique, ainsi que pour valoriser les secteurs de la construction et des travaux publics en raison de leur rôle dans le soutien de la croissance économique et l’absorption du chômage.

En somme, le gouvernement est amené à agir efficacement de telle sorte à lever tous les obstacles se dressant devant les investisseurs et de manière à relancer dans les meilleurs délais l’économie nationale.

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