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Cours des produits alimentaires : Des hausses et des inquiétudes

Cours des produits alimentaires : Des hausses et des inquiétudes

Rédigé par H. Merzouk / Actualités / lundi, 15 février 2021 08:14

Pessimisme. Le Programme alimentaire mondial (Pam) estime, dans un rapport, que 121 millions de personnes pourraient tomber dans une insécurité alimentaire sévère au cours de l’année 2021, soit une augmentation de 82% des besoins par rapport à l’ère pré-Covid.

Un malheur ne vient jamais seul. A la crise sanitaire de la Covid-19, non encore maîtrisée en dépit de l’entame des campagnes de vaccination, se greffe une hausse considérable des produits alimentaires. Pour la FAO, les produits laitiers et les huiles végétales ont été à l'origine de la hausse des prix mondiaux des denrées alimentaires en décembre 2020.

L'indice a augmenté de 19,1% en moyenne en 2020 par rapport à l'année précédente. L'indice des prix de l'huile végétale, à titre d’exemple, a augmenté de 4,7% en décembre, soit le plus haut niveau enregistré depuis septembre 2012. Cette hausse met à rude épreuve le portefeuille des citoyens, dont un nombre important s’est retrouvé sans emploi suite à la persistance de la pandémie. Pis encore, le Programme alimentaire mondial (Pam) estime, dans un rapport, que 121 millions de personnes pourraient tomber dans une insécurité alimentaire sévère au cours de l’année 2021, soit une augmentation de 82% des besoins par rapport à l’ère pré-Covid.

L’Amérique latine est la région du monde la plus à risque de connaître un accroissement de la famine, suivie par l’Asie-Pacifique et l’Afrique du Nord. Et l’Algérie n’est pas épargnée par cette fièvre des prix. Certaines hausses sont qualifiées d’abusives. Pour le président de l’Organisation de protection du consommateur et de son environnement (Apoce), Mustapha Zebdi, « le prix des pâtes a augmenté de 40% ».

Les appels itératifs de son Association qui voyait venir ce scénario ne datent pas d’aujourd’hui. « Nous avions prédit cette augmentation en 2020, mais aucune autorité n’a pris nos alertes au sérieux », déplore Zebdi. Et d’affirmer que les prix des viandes, rouges notamment, ont flambé de 2,5 à 7%, et les dérivés du lait de 10 à 15%. Sur ce sujet, Brahim Guendouzi, professeur d’économie à l’université Mouloud- Mammeri (Tizi-Ouzou), explique que les problèmes logistiques liés au transport interwilayas, au stockage et à la distribution « influent énormément sur les prix de vente aux consommateurs ».

Quant aux biens alimentaires importés, « la hausse des prix se justifie en premier lieu par la difficulté de s’approvisionner de l’étranger à cause des mesures sanitaires strictes adoptées par la plupart des pays fournisseurs de l’Algérie, d’une part, et de la dépréciation sensible de la valeur du dinar par rapport à l’euro et au dollar, constatée ces dernières semaines, d’autre part ». Pour l’économiste, le ciblage des subventions devient « indispensable à l’heure actuelle pour alléger un tant soit peu les dépenses publiques, mais sa mise en application risque de devenir problématique en raison de la complexité de l’équation ».

Côté gouvernement, le ministre du Commerce indique que l’augmentation des prix de certains produits alimentaires est due à la baisse de la valeur du dinar algérien, l’augmentation des cours mondiaux et la hausse des coûts logistiques. Mais d’autres facteurs ont conduit à cette hausse, notamment la spéculation. Nombre de responsables d’associations affirment que la rigueur est appelée à accroître et que toute hausse doit être justifiée. Pour l’agroalimentaire, la Fédération nationale indique que certains producteurs se sont retrouvés seuls sur le marché, ce qui a créé une sorte de monopole dont ils profitent pour multiplier leurs bénéfices.

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