Propos recueillis par M. El-Hachemi
Les ressources halieutiques, de par la
tradition de consommation et l'énorme
gisement que constituent les mers et les
océans, occupent une place prépondérante
dans la sécurité alimentaire des populations
dans le monde. L'Algérie compte parmi ses
richesses naturelles renouvelables, outre les
produits agricoles, les produits halieutiques et
aquacoles qui définissent le secteur de la pêche
comme un agent stratégique incontournable
dans le développement économique.
L'avènement d'un nouvel ordre économique
mondial dicte la nécessaire et incontournable
adhésion à cet environnement international,
basé sur une étape impérative de remise à
niveau de l'ensemble de la sphère économique
et commerciale.
Ainsi, le secteur de la pêche s'est fait sienne
cette politique de refondation et de relanceéconomique, appropriée et adaptée au contexte
actuel et qui s'inscrit également dans les
perspectives d'ouverture du marché, et cela
conformément au programme de la politique
tracée par le président de la République.
Il présente une marge de progression et de
développement à même de lui faire jouer un
rôle moteur dans la dynamique économique
présente et future.
Un certain nombre d'objectifs sont alors attendusà travers la stratégie de mise en place dans
ce secteur. On notera : l'augmentation de la
production, la création d'emplois, l'accessibilité
du produit, le développement rural facteur de
désenclavement, la préservation de la ressource
biologique grâce à une pêche durable, économique
et écologique, la promotion des investissements et
l'encouragement des exportations d'une partie
de certaines espèces à haute valeur marchande,
comme les crustacés, les mollusques…
Telles sont les grandes lignes que nous avons
abordées avec M. Smail Mimoun, ministre de la
Pêche et des Ressources halieutiques dans une
interview exclusive accordée à “L'ACTUEL”.
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L’ACTUEL : Monsieur le Ministre, en date du 16 octobre
2007, le Conseil du Gouvernement aadopté la
stratégie sectorielle à l'horizon 2025 à travers le
schéma national de développement des activités
de la pêche et de l'aquaculture que vous avez
présenté. En quoi consiste-t-elle précisément ?
M. LE MINISTRE : Le schéma directeur est un programme
de travail qui se résume en un ensemble d'actions à
mener.
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Il trace un plan économique, indique un cadre
administratif et détermine des projets d'investissements.
Il identifie des zones d'occupation et oriente toutes
les actions et réalisations futures. Comme je viens de
le souligner, ce schéma directeur intègre la somme des
actions à mener et le cadre de leur réalisation. En
d'autres termes, il résout l'équation mettant en jeu
le développement pérenne et l'optimisation de la
production d'une part, et la préservation de la
ressource d'autre part. Il s'agit là d'un développement
durable que nous préconisons et qui constitue le
fondement naturel et l'aboutissement économique
du secteur.
J'ai d'ailleurs saisi l'occasion lors de la réunion-bilan
du 3ème trimestre 2007, le 11 novembre dernier, pour
rappeler aux directeurs de wilaya, avec force, qu'ils
incarnent les principaux acteurs de développement
du secteur et qu'il leur sera exigé la réalisation
concrète des actions inscrites dans ce schéma, autrement
dit des actions qui ont un impact certain sur le
développement du secteur, comme ils se devront de
privilégier les mesures productives.
L’ACTUEL : Je reviens encore, si vous le permettez,
sur la question au regard de l'importance des
points que vous venez d'énumérer. Ce schéma est
donc votre carnet de bord, si je puis dire ?
M. LE MINISTRE : Vous me demandez d'aller plus en
profondeur dans la définition. Et bien, ce schéma
repose sur une stratégie clairement définie pour le
ministère, à savoir une exploitation optimale des
ressources halieutiques et aquacoles, un aménagement
moderne des sites pour protéger les ressources
marines et éviter la pollution des sites de pêche et
des fonds marins, une utilisation optimale des
infrastructures existantes à travers leur entretien, le
renforcement et l'adaptation aux besoins nouveaux
des activités de pêche d'aquaculture, la rénovation
et la modernisation des équipements de pêche, une
meilleure conservation et transformation des produits
de la pêche et de l'aquaculture, la création de nouvelles
infrastructures pour pallier la saturation des ports
existants, l'accroissement des potentialités en sites
aquacoles marins et continentaux, la mise en adéquation
des ressources humaines au regard des exigences et
des besoins du secteur par la valorisation constante et
soutenue de l'appareil de formation selon le standard
international.
En conséquence, le schéma directeur est inspiré d'une
démarche de développement socio-économique
responsable et durable, érigeant en points nodaux la
problématique de création de richesses et d'emplois et
celle de la sécurité alimentaire, d'où le positionnement
du secteur dans la dynamique générale de développement
qui le confortera dans son rôle d'acteuréconomique incontournable.
L’ACTUEL : Monsieur le Ministre, à travers vos diverses
interventions, vous mettez beaucoup l'accent sur
la formation. Est-elle à ce point incontournable
dans votre stratégie ?
M. LE MINISTRE : Tout à fait. Il est indéniable qu'aucune
stratégie ne peut se concrétiser sans l'existence d'un
potentiel humain formé. J'ai d'ailleurs rappelé une
fois de plus, au mois de février à Collo (Skikda),
lors du coup d'envoi des travaux de réalisation d'un institut régional des technologies de la pêche,
que nous faisons de la formation un levier de
développement du secteur.
Nous avons élaboré une carte en vue de lancer un
vaste programme de formation dans nos instituts et écoles et qui sera complété au niveau des centres de
formation professionnelle et de l'université grâce
aux conventions que nous avons signées avec ces
partenaires. Les besoins sont d'ailleurs identifiés.
A titre d'exemple, le bilan de la formation durant
l'année 2006-2007 est éloquent. On compte 387
diplômés dans 8 filières de formation fondamentale,
116 dans la formation continue dans 4 filières de
formation, 2.516 formés dans les classes spéciales
dans 4 filières également.
Nous comptons présentement un Institut National
Supérieur des Pêches et de l'Aquaculture, deux
Instituts régionaux et 4 Ecoles. Par ailleurs, un bateau
de formation sera très prochainement acquis à titre
de don de la partie japonaise dans le cadre de la
coopération algéro-nippone.
L’ACTUEL : Monsieur le Ministre, quelle place
accordez-vous à la recherche scientifique ?
M. LE MINISTRE : Le ministère a inscrit, dans le cadre de
la refondation économique, une politique sectorielle
de recherche scientifique afin d'entrevoir le
développement des activités de la pêche et de
l'aquaculture dans une perspective durable.
Seule une approche scientifique, sans cesse renouvelée
et adaptée aux contraintes d'exploitation et aux
conditions naturelles, peut répondre à la double
contrainte qu'est la préservation et l'exploitation
durable du patrimoine halieutique national. Je vous
dirai que la meilleure illustration de cette volonté
politique de rapprochement de l'outil de recherche
avec la réalité du monde de la pêche s'est traduite
par l'élaboration d'une carte sectorielle de recherche
devant localiser l'édifice institutionnel à mettre en
place et un programme sectoriel de recherche et
développement devant contribuer à identifier et
sérier les contraintes.
Ainsi, la recherche scientifique favorisera l'assimilation
et la maîtrise des sciences et techniques et
l'innovation.
Il faut noter également la création de cinq
stations d'expérimentation régionale qui sont
rattachées à ce centre.
En matière de recherche en tant que telle, le plan
quinquennal 2006-2010 prévoit l'identification des
axes de recherches prioritaires, comme il prend en
considération les préoccupations régionales de
développement de la pêche et de l'aquaculture. La
recherche sera confortée par l'acquisition d'un
bateau de recherche pour lequel la consultation
est en cours.
L’ACTUEL : Dans votre stratégie, vous plaidez également pour le développement de l'aquaculture
sous toutes ses formes.
M. LE MINISTRE : Le secteur a fondé sa stratégie de
développement de l'aquaculture, à l'instar des activités
de pêche, sur une approche scientifique.
Des expertises ont été menées pour tous les types de
projets en tenant compte d'une analyse prospective
basée sur le concept d'une utilisation durable des
potentialités, comme le préconisent les orientations
de la FAO dans l’article 9 du code de conduite qui
plaide pour une pêche responsable, ainsi que
les recommandations de l'atelier international
sur le développement durable de l'aquaculture
méditerranéenne, tenu en juin 2005 à Alger. Un
certain nombre de sites ont été par ailleurs identifiés
pour l'activité de l'aquaculture à l'effet de lui donner
sa pleine mesure.
Ainsi, le ministère de la Pêche et des Ressources
halieutiques a lancé une étude de détermination des
sites propices à l'aquaculture entreprise par le
bureau d'études allemand Rogge Marine. Elle a été
sanctionnée par l'établissement de cartes aptes au
développement de l'aquaculture qui nous permet
d'orienter les investisseurs vers les sites potentiels.
Ainsi, 112 sites aquacoles ont été recensés au niveau de 14 wilayas et 52 sites d'embouchures, de zones
marécageuses et de lagunage ont été identifiés
au niveau de 12 oueds, 30 embouchures d'oued,
4 lacs (dont 2 lagunaires), 3 lagunages et 3 zones
marécageuses.
Par ailleurs, les plans d'eau des 50 barrages et des
34 retenues collinaires en exploitation ainsi que les
11 forages sélectionnés représentent un potentiel
piscicole d'une superficie estimée à 38.000 ha.
Les plans d'eau des 54 barrages et des 2 retenues
collinaires en cours de réalisation représenteront un
potentiel piscicole d'une superficie additionnelle
estimée à 23.000 ha, soit un potentiel total à l'horizon
2025 de 61.000 ha. De telles superficies sont propicesà une mise en valeur pour la pisciculture intensive
en cages flottantes ; la pisciculture semi-intensive
en étangs ; la pisciculture extensive ; des sites en
zones semi-arides et sahariennes; la pisciculture en
semi-intensif pour l'élevage de crustacés et l'algoculture
et la pisciculture extensive en lacs naturels.
En matière d'aquaculture marine, l'objectif prévoit la
production de 9.000 tonnes de poissons (loup
et dorade). Des projets sont en cours de réalisationà Azzefoun, (Tizi Ouzou) et Rachgoun, (Aïn
Temouchent) etc...
La conchyliculture refait son apparition, puisque
deux établissements conchylicoles à Ain Tagouraït
(Tipaza) et Aïn Taya, (Alger) sont déjà entrés en
production, fournissant 50 tonnes de moules et
d'huîtres chacun.
En matière d'aquaculture en eau chaude, il y a lieu
de citer deux projets qui sont déjà opérationnels
dans les wilaya de Ouargla et Ghardaïa pour la
commercialisation du tilapia et du poisson-chat.
Le projet de Ouargla produit 1.000 t/an comme il fait
de la transformation et du conditionnement. Cette
unité collecte, outre les produits de sa propre ferme
et les productions des régions voisines, les produits
capturés par les petites entreprises au niveau de plans
d'eau (barrages et retenues collinaires). La seconde
unité, celle de Ghardaïa, produit 500 t/an.
Par ailleurs, il y a lieu de citer au passage deux centres
de pêche qui seront incessamment opérationnels, à
savoir le centre de pêche pilote à Boukerdène (destiné
à la recherche et à la valorisation) et le centre
conchylicole de Bou Ismail. C'est-à-dire que la
formation-recherche est incluse dans tous nos
créneaux. C'est dire l'importance que nous accordonsà l'aquaculture sous toutes ses formes. D'ailleurs,
lors de la mission que je viens d'effectuer dans la dernière semaine du mois de novembre
passé, à Rome à l'occasion de la 34ème session de la
Conférence de la FAO, un thème important sur le
rôle de l'aquaculture dans le développement rural
a été inscrit comme "événement spécial". Il était également présidé par Jacques Diouf en présence
des ministres des pays participants. J'ai à cette
occasion axé ma communication sur l'importance
accordée dans mon pays à l'aquaculture et sur la
nécessité de promouvoir davantage l'assistance
technique et la coopération internationale envers tous
les pays d'Afrique pour garantir durablement le
développement de ce créneau. J'ai ainsi insisté sur
le fait qu'un tel développement réduirait les effets
nuisibles dont souffre l'écosystème, comme il
constituerait un vecteur favorisant en matière de
sécurité alimentaire, d'emplois et de désenclavement.

L’ACTUEL : Monsieur le Ministre, les personnes non
averties pensent que le poisson peut être source
de pollution. Une telle assertion est-elle vraie ou
fausse ?
M. LE MINISTRE : Elle est totalement fausse. Le poisson
est un indicateur de pollution plutôt qu'une source
de pollution. Le poisson utilise l'eau comme support
de vie, donc si l'eau est malsaine, ce support de vie
lui nuit. D'ailleurs, les études ou enquêtes qui ontété menées ça et là ont démontré que la pollution de
certains barrages est le fait de déversement d'eaux
usées ou de produits drainés par les eaux. Je vous
citerai les exemples suivants :
Au niveau du barrage de Boukerdène, dans la
wilaya de Tipaza, il a été constaté le changement de
couleur de l'eau l'hiver dernier, alors que le peuplement
a été effectué bien après, soit aux mois de juin et de
juillet 2006.
L'analyse de l'eau a déterminé que ce changement dans
la couleur et dans la qualité était dû au lessivage deséléments minéraux, c'est-à-dire au déversement du
phosphore et de l'azote notamment, à partir des
bassins versant vers le barrage. Il s'agit d'éléments
qui se trouvent dans les engrais qu'utilisent les
agriculteurs.
La concentration donc de ces éléments minéraux,
lors des fortes chaleurs, a engendré un boom
planctonique important ayant mis en péril le poisson.
Un autre exemple de pollution s'est produit dans la"chasse" de Zeralda du fait du déversement d'eaux
usées, alors qu'il n'y avait pas eu de repeuplement
dans cet étang et le poisson qui s'y trouvait depuis
fort longtemps a péri, suite à l'étude menée par le
CNDPA et la direction de l'environnement.
Pour notre part, nous n'en semençons pas de façon
hasardeuse. Nous prenons des mesures techniquement
appropriées afin de ne pas porter préjudice aux
espèces autochtones. Le repeuplement donc est opéré
avec les mêmes espèces qui s'y trouvent, à savoir la
carpe argentée, la carpe à grande bouche et la carpe
herbivore.
L’ACTUEL : Monsieur le Ministre, en matière de
pêche aux grands migrateurs halieutiques (GMH),
sur quelle base accordez-vous les quotas de pêche
aux étrangers et qu'en est-il pour les nationaux
qui disposent de thoniers ?
M. LE MINISTRE : L'Algérie, à l'instar d'autres pays,
bénéficie d'un quota annuel pour la pêche aux
thonidés auprès de conventions internationales pour
la conservation des thonidés de l'Atlantique (ICCAT).
L'appel d'ouverture de la campagne de pêche aux GMH
est lancé à la fin de chaque année (décembre). Les
offres sont étudiées conformément à la réglementation
en vigueur. Une commission interministérielle présidée
par le ministère des Transports et des membres
représentant le MPRH, le MDN (Service National
des garde-côtes), compose le Comité ad hoc quiétudie les soumissions des pays qui souhaitent
pêcher le thon pour leur attribuer des quotas.
Il va sans dire qu'un quota est réservé aux nationaux
avant de décider d'en attribuer aux soumissionnaires étrangers.
Le ministère a décidé par ailleurs de soutenir
l'acquisition d'une dizaine de nouveaux thoniersà l'horizon 2009 dans le cadre du Programme
complémentaire de soutien à la croissance.
Des navires d'opérateurs algériens ont pu pêcher et
exporter du thon rouge et de l'espadon sous le label
algérien vers le marché européen.
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Au plan juridique, il est à souligner l'important effort
de mise en conformité des dispositions réglementaires
algériennes avec les recommandations de l'ICCAT,
ainsi que la mise en place d'un schéma de contrôle
et d'inspection qui prévoit, outre l'embarquement
de marins et de contrôleurs algériens à bord des
navires thoniers, des inspections avant le démarrage
de l'opération de pêche (au niveau du port) pendant
l'opération (par la surveillance des garde-côtes) et à
la fin de l'opération de pêche.
L’ACTUEL : Excusez-moi, M. le Ministre de vous
interrompre, mais si on comprend bien, l'ICCAT est
informé du moindre détail sur la commercialisation-
vente de ce produit ?
M. LE MINISTRE : En effet, conformément aux
recommandations de l'ICCAT relatives au contrôle
du commerce international des thonidés, le ministère
a notifié le 2 août 2005 à la Commission le
programme de documents statistiques ICCAT.
A ce niveau, il y a lieu de relever l'infaillibilité du
système de documents statistiques ICCAT pour le
thon rouge et l'espadon dans la mesure où les
rapports sont transmis à cette Institution par le pays
d'importation et non le pays exportateur. En outre, ces
documents statistiques ne peuvent être validés que
par des autorités gouvernementales d'exportation
dont les sceaux et les signatures officielles ont
préalablement été notifiés à l'ICCAT.
Au plan de la contribution à une meilleure connaissance
des pêcheries de thonidés et d'espadon, il faut
savoir que l'Algérie, par le biais du ministère, a,
malgré tout, régulièrement transmis, depuis son
adhésion à la Commission, les données de captures,
de mise en conserves et d'efforts de pêche.
L’ACTUEL : Monsieur le Ministre, qu'en est-il du corail ?
M. LE MINISTRE : Au volet corail, par souci de
préserver la ressource grâce à une pêche durable et
responsable, l'activité à été suspendue par décret
exécutif n° 0156 du 15 février 2001 portant suspension
de la pêche au corail en attendant les résultats desétudes d'évaluation de cette ressource qui ont été
confiées à un bureau étranger spécialisé dans le
domaine et qui a été retenu lors d'un appel d'offres
international.
Le travail consiste en trois phases - la première a
trait à l'étude documentaire, la seconde concerne
l'étude de prospection et d'évaluation in situ. Elles
sont déjà achevées. La troisième phase consiste en la
proposition d'un plan d'aménagement, d'exploitation
et de gestion de la ressource, qui est en cours.
A l'issue de ce travail, il sera élaboré les mesures
d'aménagement relatives à l'exploitation de la
ressource corallienne, c'est-à-dire, quand, comment
et où l'exploiter, grâce donc à une cartographie qui,
sera élaborée à cet effet et à laquelle seront associés
les professionnels, c'est-à-dire les corailleurs.
L’ACTUEL : Et pour ce qui est du système V. M. S ?
M. LE MINISTRE : S'agissant de l'introduction du
Système de Contrôle des Navires de Pêche par
satellite (V.M.S), c'est là une réponse aux exigences d'organisations régionales et internationales comme
la FAO, l'ICCAT et la Commission générale des
pêches pour la Méditerranée (CGPM).
Ce système permet le contrôle de l'acte de pêche en
temps réel et le respect des zones de pêche qui
seront délimitées. C'est également un système qui
permet de combattre la pêche illicite ainsi que la
localisation rapide des bateaux qui pourraient se
trouver en situation de détresse. Un appel d'offres
international a été lancé pour mettre en place le
système VMS. Il a été déclaré infructueux. Nous
sommes donc passés à la consultation restreinte.
L’ACTUEL : Monsieur le Ministre, on sait que c'est
l'administration qui accorde une subvention
conjuguée à un apport personnel et à un prêt
bancaire à l'investisseur pour l'acquisition d'un
bateau de pêche. Comment s'effectue cependant
le parcours si je puis dire, pour la constitution du
dossier avant son dépôt pour étude ?
M. LE MINISTRE : Tout opérateur économique algérien
désireux d'investir dans le créneau se doit de fournir
un dossier administratif et un dossier technique.
Puisque vous citez l'exemple du bateau de pêche,
l'investisseur est tenu de déposer localement son
dossier pour l'étude d'admissibilité avant qu'il ne
soit transmis à la Commission nationale qui aura à
son tour à l'étudier en fonction de l'effort de pêche.
La subvention lui sera alors accordée sur la base
d'un montant plafonné, auquel viendront s'ajouter
l'apport personnel et le prêt bancaire. Il faut noter
que les dossiers administratif et technique qu'il aura
déposés localement doivent comprendre des pièces
administratives le concernant et les documents
techniques qui précisent la nature du bateau à
acquérir, le tonnage et le volume, la puissance du
moteur, la catégorie (chalutiers, sardinier ou autres...),
de même que la facture pro forma qui mentionne le
montant d'acquisition.
Pour ce faire, l'investisseur aura donc au préalable
prospecté le marché étranger pour fixer son choix
sur le constructeur qui aura le mieux répondu à ses
desiderata tant techniques que financiers et s'en
venir déposer son dossier pour solliciter une
subvention qui lui sera donc accordée conformémentà la réglementation en vigueur.
L’ACTUEL : Monsieur le ministre, faut-il ou non être
du métier pour prétendre à l'acquisition d'un bateau
de pêche ?
M. LE MINISTRE : Rien n'interdit à un opérateur algérien
désireux d'investir dans ce créneau de le faire.
D'ailleurs, le décret exécutif n°03-481 du 13 décembre
2003 fixant les conditions et les modalités d'exercer
la pêche précise en son article 7, section 2, traitant de
la qualité d'armateur à la pêche qu'"est considérée
comme armateur toute personne physique ou morale
qui assure l'exploitation d'un ou de plusieurs navires
ou bateaux de pêche, soit en qualité d'armateur
propriétaire ou d'armateur non propriétaire".
En outre, l'article 572 du code maritime relaie ce décret
en stipulant qu' : "est considérée comme armateur,
toute personne physique ou morale qui assure
l'exploitation d'un navire en son nom, soit à titre
de propriétaire du navire, soit à d'autres titres lui
attribuant l'usage du navire".
L’ACTUEL : Excusez-moi Monsieur le Ministre, je
voulais dire faut-il être du métier pour prétendreà cette activité ?
M. LE MINISTRE : Non, pas du tout. La loi oblige-t-elle
un propriétaire de bus ou de camion de disposer
d'un permis de transport en commun ou de poids
lourd pour exercer cette activité ? La réponse est non.
Il en va de même dans notre secteur. L'investisseur
en tant que tel n'est pas tenu forcément de l'être. Il
peut donc être propriétaire sans qu'il soit armateur.