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Mme Graziella Ferrero, présidente du Club d’affaires algéro-italien : «Les relations économiques entre l’Algérie et l’Italie sont bonnes et perfectibles»

Promouvoir la coopération économique algéro-italienne, avec tout ce que cela sous-entend comme sacrifices de part et d’autre, tout en consolidant les liens entre les chefs d'entreprises des deux pays, tels sont les principaux objectifs de la création toute récente, sous l’égide du Forum des chefs d’entreprises (FCE), du Club d’affaires algéro-italien. Mme Graziella Ferrero, la présidente de ce club, revient dans cette interview sur les raisons et les buts de cette institution.

Installée en Algérie dans les années 1980, Mme Graziella Ferrero est à la tête de trois entreprises économiques, dont GN Moto, et de deux sociétés de droit algérien : l’une spécialisée dans le secteur du transport maritime et l’autre dans la distribution du gros matériel destiné à la réalisation des grandes infrastructures et ouvrages d'art.

L’ACTUEL : Tout d’abord, dans quelles circonstances le Club d’affaires algéro-italien a vu le jour ?

Mme Graziella Ferrero : Le Club d’affaires algéro-italien existait déjà dans les années 1980, il a été fermé pendant la décennie noire. Notre ambassadeur a voulu le réactiver, mais, entre temps, les lois avaient changé. Donc, on a dû créer un autre club avec l’aide du FCE. Nous avons obtenu l’agrément le 4 octobre 2017. Et à partir de cette date, les démarches administratives ont pu démarrer. Ces démarches prennent beaucoup de temps, car il y a beaucoup de bureaucratie.

Quel bilan faites-vous des activités du club depuis sa création en juillet 2016 ?

Nous avons l’intention de commencer notre activité à partir de septembre 2018. Le premier séminaire sera sur l’agroalimentaire et le second sur la sécurité routière et l’environnement.

Comme tout projet, il existe une feuille de route pour la concrétisation des objectifs de départ ; pouvonsnous connaître les vôtres ?

Notre feuille de route est de faire connaître les entreprises italiennes en Algérie. Elles sont en majorité des PME qui nécessitent une aide pour leur développement à l’international. Nous voudrions surtout faire connaître l’Algérie en Italie, car, selon nous, votre beau pays n’est pas assez connu et apprécié chez nous.

A votre avis, les relations économiques entre l’Algérie et l’Italie sont-elles à la hauteur des attentes des opérateurs des deux pays ?

A notre avis, les relations économiques entre l’Algérie et l’Italie sont bonnes, mais elles peuvent être améliorées. Nous aimerions surtout faire connaître à l’Algérie les excellences italiennes.

L'arrivée au pouvoir en Italie du nouveau gouvernement va-t-il ouvrir de nouvelles perspectives de coopération économiques et commerciales avec son homologue algérien. Y a-t-il eu déjà des rencontres à ce sujet ?

Le gouvernement italien a été constitué le 1er juin 2018, donc il est trop tôt pour le juger. Nous sommes sûrs qu’à partir de la rentrée, on verra la visite de nos ministres en Algérie. Nous essayons, avec l’aide de notre ambassade à Alger, d’augmenter les relations commerciales algéro-italiennes.

En mai dernier, lors d’une conférence de presse organisée par des représentants de l’entreprise italienne GN Moto à Alger, l’ambassadeur d’Italie en Algérie, Ferrera Pasquate, a constaté que les relations économiques entre l’Algérie et l’Italie ont dépassé l’aspect commercial et s’orientent davantage vers des investissements productifs. Peut-on avoir plus d’informations sur ce sujet ?

Malheureusement, la conférence de presse organisée chez GN Moto n’a pas donné de résultats positifs. Piaggio n’a pas obtenu l’agrément de s’installer en Algérie. Nous restons confiants que cet accord sera octroyé le plus tôt possible, car Piaggio est un leader mondial du deux-roues. Qui ne connaît pas la Vespa ?

Ne pensez-vous pas que les relations commerciales entre nos deux pays vont être affectées à l’avenir par les restrictions sur les importations, cela au moment où l’Italie est le premier client de l’Algérie et son troisième fournisseur avec un volume global d’échanges de près de 9,3 milliards de dollars en 2017 ?

Nous savons qu’il existe des sociétés italiennes qui sont prêtes à venir s’installer en Algérie pour investir et créer de l’emploi, mais les procédures pour l’octroi des autorisations sont très lentes à cause de la bureaucratie. On espère que la patience sera du côté des deux parties.

Le mot de la fin…

Nous ferons le maximum pour voir la naissance de partenariats dans l’intérêt des deux pays.

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