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Avant-projet de loi de finances complémentaire pour 2018 : Le gouvernement marche sur des oeufs

Labeur. L’avant-projet de loi de finances complémentaire de 2018, qui doit donner naissance à la future «LF bis» de 2018, fait déjà parler de lui dans les milieux des affaires, mais également chez le citoyen lambda.

Cela avant même sa présentation devant un Conseil de gouvernement, dont la date n’a pas encore été rendue publique à l’heure où nous mettons sous presse. Quoi qu’il en soit, cet exercice traditionnel pour le chef de l’Exécutif et son staff fait l’objet actuellement d’un grand intérêt au sein des états-majors des différents départements ministériels, surtout ceux qui développent une relation étroite avec le monde socioéconomique par rapport à la conjoncture financière du pays. Autrement dit, du pain sur la planche pour les décideurs au su des diverses agitations qu’a connu en particulier la scène sociale nationale relayées par de longues passes d’armes entre le «tandem» pouvoirs publics-partis progouvernementaux et l’opposition.

Les marges de manoeuvre du gouvernement

Vraisemblablement, à en croire les arguments techniques des uns et des autres (officiels et analystes spécialisés), sur le plan de la situation financière, le ciel algérien se débarrasse peu à peu de ses gros nuages noirs et les effets positifs de cette éclaircie sont corroborés par les quelques indicateurs économiques qui se remettent au vert, du moins pour certains secteurs.

Le Premier ministre, lors de sa récente sortie médiatiquement, avait rappelé que «l’année 2017 a été très difficile économiquement parlant. Malgré cette contrainte, les résultats enregistrés prouvent que la situation n’est pas aussi catastrophique que certains la dessinent, sachant que l’Algérie a réalisé une croissance de 3,7% en dehors des hydrocarbures et une croissance globale de 2,2%, alors que le taux de chômage s’est établi à 11,7% en 2017».

Plus en confiance, il a soutenu que les prévisions pour 2018 seront meilleures sur les plans économique et social. Si le commandant de bord du gouvernement affiche ainsi un certain optimisme, c’est certainement parce que, au train où vont les choses, sur le plan géo politique, le marché international de l’or noir ne sera que positivement impacté, ce qui favorisera un réel équilibre du prix du baril. Au passage, il faut rappeler que la vie des Algériens est rythmée par la rente pétrolière. Disons tout simplement que tout se jouera sur les prévisions des rentrées en devises provenant des hydrocarbures.

Les pressions internes et externes

S’il est de coutume dans notre pays que les lois passent comme «une lettre à la poste» au niveau des deux chambres parlementaires, logiquement, il serait dans l’intérêt de tout le monde que nos décideurs prennent en charge au moins en partie les revendications les plus légitimes de chaque parti. Cependant, quelques leaders de partis politiquent ont émis des propositions dans ce cadre, à l’image de la secrétaire générale du PT qui réclame une loi de finances complémentaire pour l’année en cours à l’effet, selon elle, de «corriger la loi de finances de 2018 qui consacre une politique d’austérité mortelle et provoque la majorité du peuple».

«Il est du devoir de l’Etat de soutenir le pouvoir d’achat», a-t-elle souligné, ajoutant que «nous nous attendons à une LFC sociale pour renforcer la sécurité nationale et la cohésion sociale», et «l'Etat doit parer à la vulnérabilité de la structure sociale par diverses mesures». Ce sont en quelque sorte les défis qu’il faut relever au niveau intérieur. Par ailleurs, comme l’Algérie ne peut en aucun cas vivre en autarcie, il est clair qu’elle doit se soumettre aux closes des divers accords paraphés avec plusieurs instances internationales, s’agissant des conventions commerciales. Pas plus loin que le mois d’avril dernier, une certaine polémique est née entre l’Algérie et son partenaire européen. Les critiques récentes de l'UE n’ont pas été du goût des responsables algériens, comme l’a expliqué Mustapha Mekideche, qui s’est dit «intrigué» par les réactions de mécontentement exprimées par l’Union européenne après la décision de l’Algérie de limiter ses importations de la zone euro en particulier.

Dans ce cas, comment les rédacteurs de l’avant-projet vont-ils réagir pour prendre soin de ne pas froisser les relations déjà très fragiles avec les voisins outre-mer.

Quelques fuites sur la couleur du PLFC 2018

Sans prendre pour argent comptant les informations qui circulent dans la presse à ce sujet, il est prévu l’introduction de nouvelles taxes sur les marchandises finies importées dont le taux variera de 60% à 200%, afin de protéger la production locale de la concurrence étrangère, ainsi que des modifications du droit de concession des terres agricoles aux étrangers voulant investir en Algérie.

Le gouvernement envisage aussi d’appliquer une autre taxe concernant les véhicules. Ainsi, à chaque enregistrement d’une nouvelle carte grise, l’automobiliste devra payer un montant qui variera selon la puissance du véhicule entre 10.000 et 20.000 DA et un droit de timbre de 5.000 DA sera fixé pour l’acquisition ou le renouvellement du permis de conduire. Affaire à suivre…

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