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Ouverture du fret maritime et aérien au privé : Un autre coup de pouce pour les exportations

Aide. Bonne nouvelle pour les promoteurs algériens. L'ouverture du fret maritime et aérien aux opérateurs privés algériens en vue de satisfaire les demandes d'exportation a été annoncé en janvier dernier par le ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaâlane. Cette décision intervient dans le cadre de la nouvelle orientation de l’économie nationale vers l’exportation.

Rappelant que le cadre législatif relatif à l’ouverture du fret aérien existe depuis 1998, mais est resté gelé, la levée du gel de cette loi concernera en premier lieu le transport de marchandises. En fait, l’ouverture de cette activité au privé est importante pour l’économie du pays, sachant qu’elle permettra de transporter les produits locaux destinés à l’exportation, y compris les produits agricoles, ce qui permettra de créer de nouveaux emplois. C’est dans ce cadre que deux commissions d’experts chargées de l’étude des dossiers des opérateurs privés nationaux désirant assurer le transport aérien et maritime de marchandises ont été installées.

Pour l’heure, ni Air Algérie ni la Cnan ne peuvent satisfaire toutes les demandes des opérateurs en matière d’exportation de marchandises.

Pour le fret maritime, l’Algérie, qui dispose d’une façade maritime de plus de 1.600 km, ne possède en tout et pour tout qu’une dizaine de navires marchands gérés par une entreprise étatique, la Compagnie nationale de navigation (Cnan). Empêtrée depuis plusieurs années dans d’insolubles problèmes financiers et managériaux, ses performances en matière de fret sont, non seulement peu brillantes, mais en constant déclin. Aucun promoteur algérien n’ayant été autorisé, par ailleurs, à créer une compagnie privée susceptible de concurrencer la Cnan, les armateurs et compagnies de navigation étrangers (CMA/CGM, Maersk, MSCA, Gatma, Walship, Gofast, China Shipping, etc.) ont fini par accaparer l’essentiel du fret maritime algérien, qui avait pris un essor considérable à la faveur du boom des importations de ces dix dernières années. Ces derniers gagneraient ainsi entre 5 et 6 milliards de dollars chaque année, selon diverses estimations qui restent à vérifier. Un décret exécutif publié en 2010 a, certes, autorisé des promoteurs autres que la Cnan à acquérir des bateaux destinés au transport de marchandises, mais faute de textes d’application et de conditions favorables à cet investissement lourd et risqué, les hommes d’affaires, pourtant nombreux à s’y intéresser, hésitent aujourd’hui encore à s’y engager, selon les professionnels.

Autres statistiques inquiétantes, les ports du littoral ont achevé l'année 2016 sur un trafic global de 129 millions de tonnes. Le recul de 3% enregistré par rapport à 2015 prouve qu'ils sont parvenus à faire face à la morosité de la conjoncture et à la baisse des importations due à la nouvelle réglementation imposée par le gouvernement. Ainsi, Mostaganem (1,006 million de tonnes) et Ghazaouet (1,005 Mt) ont chuté respectivement de 31% et 22%. Avec 5,2 Mt, Annaba a enregistré un repli de 18%. Quant à Ténès, avec 1,19 Mt, il a reculé de 13%. Enfin, le trafic annuel de Djen-Djen, à 3,9 Mt, a diminué de 18%.

Alger, avec 15,6 Mt, a affiché en 2016 une stabilité (0%), où les marchandises diverses ont toutefois baissé de 9%, à 3,6 Mt, malgré une hausse de 5% du conteneur, à 900.000 EVP. En revanche, les vracs liquides ont baissé de 5% pendant que les solides ont progressé de 16%. Quant à Oran, il est à l'équilibre. A 8,64 Mt, il a gagné 2% en un an. Il a perdu 7% de marchandises diverses, vu son trafic progresser de 10% dans les vracs solides, mais les vracs liquides ont baissé de 10%. Donc, l’ouverture du frêt maritime et aérien au privé ne peut être que bénéfique pour le secteur des exportations, qui peine à décoller. Les opérateurs privés peuvent acquérir ou affréter des avions, acheter des bateaux pour les opérations d’exportation.

Il est à rapeler que le gouvernement avait pris plusieurs mesures pour renforcer le transport maritime à travers un programme d’acquisition de 24 navires, précisant que 7 à 10 navires ont été achetés jusque-là.

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