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La recherche dans les énergies renouvelables : Une certitude pour le gouvernement

Conviction. Le langage tenu par le gouvernement quant à son intention d’investir dans les énergies renouvelables et d’en faire une source phare de production d’énergie propre et intarissable ne fait plus aucun doute, et ce, rien qu’à la lecture des programmes que se sont fixé les instances en relation avec ce domaine.

C’est ainsi que le grand groupe Sonelgaz affiche des objectifs stratégiques à long terme, c'est-à-dire à l’horizon 2030, dont le programme de réalisation est structuré en deux phases : la première allant jusqu’en 2020 et la deuxième de 2021 à 2030. L’objectif est d’arriver à un parc national constitué de différentes sources d’énergies renouvelables d’une capacité globale de 22.000 mégawatts, soit 37% de la puissance nationale installée de production de l’électricité et qui devraient produire, toujours selon les mêmes objectifs affichés, 27% des besoins nationaux de cette énergie indispensable.

La réalisation ainsi que la maintenance de ce futur parc de production sont deux activités qui demandent à la fois de l’expertise ainsi que de la disponibilité. L’investissement dans ce domaine constitue donc une opportunité qui participera au développement des différents partenariats, aussi bien dans le domaine de la production de l’énergie que dans celui de l’assistance technique dans le domaine de la maintenance.

L’expertise algérienne, jeune et non dominante, peut s’appuyer sur la recherche scientifique dans le domaine des énergies renouvelables. Cette dernière étant à la page autour de ce sujet. En fait, techniquement parlant, le cap des énergies renouvelables s’accompagne, dans toutes les étapes, de la connaissance y afférente. C’est à cet effet que le développement et la maîtrise dans des segments aussi pointus passent par l’implication de la recherche scientifique.

Alors que les pouvoirs publics ont affiché la tendance, la recherche s’est vue dotée d’un arsenal juridique de lois, de décrets exécutifs et d’arrêtés ministériels qui réglementent l’activité dans le secteur des énergies renouvelables, un arsenal qui est assorti de mesures incitatives qui sont prévues pour accompagner chaque investisseur potentiel dans «l’énergie renouvelable et la cogénération».

L’arsenal ainsi prévu couvre la réalisation des investissements, depuis l’octroi des assiettes foncières, à la réalisation et au montage, à la mise en exploitation des ouvrages réalisés, avec même des formules de couverture des surcoûts liés à la différence entre les coûts engendrés par la production issue du renouvelable et de la cogénération et les tarifs à appliquer qui sont réglementés toujours par l’autorité de régulation CREG.

Ce qui est à remarquer dans ce sillage, c’est le rôle réduit de la recherche scientifique dans ce système, bien que ce domaine ait vu la naissance de réelles compétences dans les différents segments qui composent le domaine des énergies renouvelables et des cogénérations. C’est ainsi que ces compétences actives publient régulièrement des contributions scientifiques, de nouveaux brevets, des résultats de recherches et de partenariats avec des universités algériennes et étrangères, des études pour le compte d’entreprises nationales, etc.

Le cas le plus éloquent est bien celui du CDER, le Centre de développement des énergies renouvelables, qui travaille sous l’égide de la Direction de la recherche scientifique du ministère de l’Enseignement supérieur. C’est un établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST) chargé d’élaborer et de mettre en oeuvre les programmes de recherche et de développement, scientifiques et technologiques, des systèmes énergétiques exploitant l’énergie solaire, éolienne, géothermique et l’énergie de la biomasse ; il est issu de la restructuration du Haut Commissariat à la recherche créé le 22 mars 1988. Ce centre assure aussi des formations et des mises à niveau sous forme de séminaires et de stages pratiques pour les cadres des entreprises travaillant dans le domaine.

Il s’agit ainsi d’un gisement de compétences qui ne demande qu’à être impliqué de façon concrète dans le domaine de l’industrie, à l’instar des autres domaines de la recherche scientifique. L’industrie nationale étant dans un état embryonnaire, particulièrement celle qui a trait à l’innovation et au développement, telle que le renouvelable, les applications de tous les résultats des recherches menées par le CDER sont à mettre à profit pour la concrétisation d’un label national.

Certains opérateurs nationaux activant dans le domaine de l’industrie électronique, à l’instar du géant Condor ainsi que de l’opérateur historique qu’est l’Enie, se disent disposés à s’engager dans la voie du renouvelable, à travers le photovoltaïque et le solaire thermique, deux segments plutôt à la portée des industriels et du centre de recherche en même temps.

Les autres segments, tels que l’éolien ou encore la biomasse, ne cherchent qu’à être exploités par des investisseurs qui soient capables de mettre en pratique tous les résultats de recherche du CDER, puisque ce dernier s’est penché sur l’ensemble des segments relatifs au domaine du renouvelable.

En fait, la réticence envers le domaine de la recherche scientifique dans le domaine de l’énergie s’explique par la facilité de l’importation qui a dominé l’esprit des investisseurs, puisque l’importation garantit la qualité ainsi que la diminution du risque ; dans le temps où l’investissement dans la fabrication et l’industrie reste à un haut niveau de risque, puisque les résultats de la recherche ne sont pas garantis à l’avance, ce qui peut être compréhensible du point de vue des entrepreneurs.

L’arsenal juridique ainsi que les mesures d’incitation dont nous parlions plus haut devraient être étoffés d’autres mesures liées à la compensation des dépenses de recherche dans le domaine de l’industrie des ouvrages de production des énergies renouvelables, et ce, par la création d’un fonds de garantie spécifique à cet effet. Ceci peut être accompagné de mesures fiscales qui permettraient de bénéficier de réfactions ou d’exonérations sur certains impôts et taxes, au moins pour quelques années d’activité, comme cela a été le cas pour les autres industries, à l’instar de l’automobile.

C’est un effort considérable que les autorités auront à mener et qui coûtera certainement des budgets faramineux, mais il pourrait assurer au pays un certain degré d’autonomie en termes de production et d’exploitation des énergies renouvelables qui représentent l’avenir énergétique à l’échelle mondiale.

La fierté ici est de disposer de réelles compétences dans un domaine pointu pour lequel il faudra mettre le prix, afin qu’il soit un précurseur pour le développement industriel, technologique et économique de notre cher pays.

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