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PREFACE de Mme Fatima-Zohra ZEROUATI, Ministre de l'Environnement et des Energies Renouvelables

L’Algérie doit faire face à des défis environnementaux grandissants, et afin d’apporter des réponses appropriées aux vulnérabilités identifiées pour notre pays, la stratégie nationale de protection de l’environnement et du développement durable vise à concilier le développement socioéconomique du pays et préservation de l’environnement et du capital naturel pour arriver à atteindre ses objectifs ; le renforcement des compétences est une condition nécessaire à satisfaire.

La mise en oeuvre de la stratégie nationale pour la protection de l’environnement et le développement durable, retenue dans le programme de Son Excellence, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et portée par ses plans nationaux d’actions pour l’environnement et le développement durable (PNAE-DD), contribuera et apportera autant que faire se peut les réponses attendues pour nous conduire vers cette transition énergétique tant souhaitée.

A ce titre, le ministère en charge de l’environnement et des énergies renouvelables a effectué un bilan du premier «PNAE-DD 2002-2012», qui a permis d’établir de manière concertée un nouveau PNAE-DD pour la période 2018-2022. Ce nouveau plan renforce la stratégie nationale pour l’environnement de l’Algérie, en donnant une place prépondérante aux aspects sociaux, économiques et écologiques. Il veut renforcer les instruments de gouvernance de la politique environnementale du pays, et ses instruments économiques et incitatifs.

La réussite du PNAE-DD dépend aussi de mesures d’accompagnement nécessaires, qui passent par :
- le développement d’une véritable stratégie sectorielle pour l’environnement et d’une gouvernance interministérielle ;
- le renforcement de capacités institutionnelles performantes, avec une évaluation systématique des politiques publiques et programmes menés ;
- la mise en oeuvre d’instruments de rationalisation et d’efficience budgétaire, économiques et financiers ;
- les conditions préalables pour la croissance d’une économie verte.

Ces conditions de réussite doivent permettre à l’Algérie de poursuivre sa transition environnementale et économique.

Le concept d’économie verte n’est pas très répandu en Algérie. Il vient de rentrer dans la littérature politique, économique et même environnementale produite en Algérie, mettant la protection de l’environnement comme une opportunité d’investissement génératrice de croissance et d’emploi.

Et afin de réussir la transition écologique, un nouveau modèle d'actions collectives, encourageant notamment les dispositifs permettant aux fonds publics de soutenir les investissements privés, doit être promu pour inciter le financement et la démultiplication d'actions ancrées dans les territoires.

Il y a lieu de souligner avec force que la prise en charge et le développement des filières à fort potentiel de création d’entreprises et d’emplois verts en Algérie, qui ont un impact sur les questions d’atténuation des gaz à effet de serre (impact sur le changement climatique), par les plus hautes autorités du pays :
- énergies renouvelables ;
- recyclage et valorisation des déchets ;
- eau et assainissement ;
- le transport ;
- le bâtiment à faible impact environnemental.

En effet, en matière des énergies renouvelables, l’Etat a pris déjà un engagement en Conseil des ministres au mois de mai 2015 à poursuivre la mise en oeuvre et la dynamisation du programme national de développement des énergies renouvelables, que le chef de l’Etat lors du conseil restreint des ministres du 22 février 2015 a placé au rang de priorité nationale.

Le programme national de développement des énergies renouvelables repose sur le développement à grande échelle et en priorité des filières photovoltaïques.

La contribution de notre département ministériel consiste essentiellement en la production des quantités d’énergie à l’horizon 2030 à partir de déchets ménagers et assimilés (CET et autres décharges, 13 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés sont produites par année), ce qui est appelé la biomasse, et dans le domaine de la cogénération (produite essentiellement par les incinérateurs).

Les quantités d’énergies, notamment de source photovoltaïque, qui ne seront pas connectées au réseau «OFF GRID» sont en cours d’identification à travers une étude stratégique que notre ministère avait lancé au mois de décembre 2017.

Les premiers résultats de cette étude seront présentés le 28 mars 2018, lors de la première édition du Salon international de l’environnement et des énergies renouvelables qu’organise notre secteur sous le haut patronage de Son Excellence, le président de la République.

En effet, le programme national sur les énergies renouvelables est un des instruments majeurs que le pays va utiliser dans les années à venir pour notamment traiter la question des changements climatiques.

En parvenant à l’adoption de l’Accord de Paris de décembre 2015 et en le rendant effectif par son entrée en vigueur en novembre 2016 à travers cela, la communauté internationale a relevé les deux premiers défis importants. Ce sont également deux étapes historiques de franchies. La prochaine étape est donc plus que jamais celle de la concrétisation des éléments relatifs à la mise en oeuvre de l’Accord de Paris.

L’Algérie est parmi les premiers pays qui ont procédé à la constitutionnalisation du droit à l’environnement, l’amendement de la Constitution en mars 2016 est illustratif dans ce sens. Ainsi, l’article 68 est très explicite : «Le citoyen a droit à un environnement sain, l’Etat oeuvre à la préservation de l’environnement».

Aussi, l’article 19 de la Constitution est une sorte de transposition du concept de développement durable : «L’Etat garantit l’usage rationnel des ressources naturelles ainsi que leur préservation au profit des générations futures».

Ce saut constitutionnel qualitatif décidé par Son Excellence le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, est le couronnement de l’effort déployé par l’Etat depuis une quinzaine d’années en matière de préservation de l’environnement et de l’amélioration du cadre de vie du citoyen.

Aussi, la contribution nationale est déterminée à intégrer un programme national des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique à l’horizon 2030. Elle prévoit des actions d’atténuation et d’adaptation dans les secteurs en charge de l’énergie, du transport, des forêts, de l’habitat et de la gestion des déchets.

Il s’agit d’une contribution ambitieuse, malgré que l’Algérie ne soit pas un grand émetteur des gaz à effet de serre.

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