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Ouyahia face à la crise

Depuis son arrivée à la tête du gouvernement, Ahmed Ouyahia a multiplié les déclarations et les initiatives. Il est aussi sur plusieurs fronts et dossiers. Avec son dynamisme et sa qualité de gestionnaire redoutable, il a réussi à faire oublier la place qu’occupaient ses prédécesseurs au sein de l’opinion publique. On évoque, d’ailleurs, rarement les noms de Sellal et de Tebboune dans les médias.

Les regards sont tous tournés vers le nouveau Premier ministre qui hérite, faut-il le mentionner, d’une situation socioéconomique explosive. Tous les indicateurs sont au rouge : baisse des prix du pétrole, amenuisement des réserves de change, inflation galopante, hausse du taux de chômage et effondrement de la valeur du dinar. La situation est telle que certains se croiraient qu’on est revenu aux années 1990. En effet, la conjoncture actuelle rappelle, pour ceux qui l’ont vécue, cette époque où les pouvoirs publics étaient confrontés à une crise financière aigüe.

L’Algérie était contrainte de renégocier le rééchelonnement de sa dette extérieure au prix de réformes douloureuses, notamment l’application d’un plan d’ajustement structurel et la libéralisation totale du commerce extérieur. Ouyahia, qui était à la tête du gouvernement durant cette période charnière, a su comment redresser la situation et sortir le pays de cette spirale infernale. Grâce à l’expérience acquise, il revient aujourd’hui au palais Docteur-Saâdane avec la détermination de restaurer la confiance aussi bien avec les milieux d’affaires que le citoyen. L’entreprise qu’il a menée à ce jour le conforte et le fortifie. Il a lancé le chantier des réformes en optant pour, d’abord, le financement non conventionnel qui a permis d’éviter le recours à l’endettement extérieur et de maintenir la cadence de la croissance. Il propose un projet de loi de finances pragmatique s’appuyant sur un budget de plus de 8.000 milliards DA.

Le dossier des importations est géré aussi de manière rationnelle, sans trop de démagogie et de populisme. Ouyahia s’attaque également aux problèmes de Sonatrach et du secteur des hydrocarbures. D’ailleurs, sa première visite de terrain a été réservée au site gazier d’Arzew où des messages clairs ont été envoyés, entre autres, la nécessité de réviser le cadre juridique du domaine pétrolier et l’investissement dans le gaz de schiste. Serein et soutenu par la majorité parlementaire, le Premier ministre est en mesure de rétablir les équilibres financiers et d’amorcer le changement tant souhaité.

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