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Editorial
Les réajustements d'une politique

L'économie algérienne a connu depuis la fin août un changement sans précédent, voire même un bouleversement. Patriotisme économique, lutte contre la fraude fiscale, une nouvelle approche de l'investissement, des mesures novatrices pour le foncier… autant de décisions et de politiques prônées par le nouveau gouvernement d'Ahmed Ouyahia.

L'Etat algérien redéfinit en réalité toute sa stratégie économique en rompant avec le passé récent. Les impositions introduites dans le cadre de la loi de finances complémentaire 2008 et le projet de la loi de finances 2009 reflètent une toute autre vision du développement de l'investissement et du commerce. "L'Algérie n'est pas une vache à traire", voulaient signifier à tout prix les pouvoirs publics en introduisant des mesures jusque-là inexistantes, notamment les impôts sur les transferts de dividendes et la cession d'actifs des non résidents. Après presque 15 années de l'entrée dans l'économie libérale, l'Algérie constate enfin qu'elle a concédé des avantages préjudiciables. Beaucoup d'opérateurs ont profité du vide juridique qui a caractérisé l'environnement des affaires.

Le législateur, certainement sous l'effet des pressions de toutes natures, a fait payer un lourd tribut au contribuable et enrichi une "caste d'hommes d'affaires" et de "spéculateurs". Inadmissible, dirions-nous, au sujet du retard accusé pour la régulation des investissements et des privatisations, entre autres. Pratiquement, tous les Etats du monde imposent aux investisseurs étrangers de prendre un partenaire local et de ne posséder que 49% des parts sociales. L'Algérie a fait exception en la matière en octroyant des avantages multiples, croyant bien faire. Au final, le premier magistrat du pays était plus que furieux devant toute la nation en dressant un état des lieux désastreux. Il vaut mieux tard que jamais.

Cet aveu d'échec du chef de l'Etat a fini par être rattrapé par une batterie de textes de lois. Il reste maintenant à veiller à la bonne exécution. L'on a le droit d'attendre d'ores et déjà un bilan. Sinon tout sera de l'encre sur papier, caractéristique par excellence de l'Algérie.

La rédaction

 
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