Pour absorber la crise de logement
La «Socialisation» de la politique de l'habitat - Par Hayet Ouzayed -
Le secteur de l'habitat s'inscrit parmi les projets d'envergure engagés durant ce second Quinquennat. Les pouvoirs publics ont décidé qu'après le renforcement de l'économie nationale depuis 2001, l'heure est venue pour la dotation du pays en infrastructures dans divers domaines, dont l'énergie, chemins de fer, barrages, établissements éducatifs et autres

Deux millions de logements sont inscrits au titre du Plan quinquennal 2010-2014, dont 1,2 million sont en train d'être livrés durant ce Quinquennat, alors que le reste devra être mis en chantier avant la fin de l'année 2014.

Ce programme de 2.000.000 de logements se compose de 800.000 logements publics locatifs, 500.000 logements promotionnels aidés par l'Etat et 700.000 logements ruraux aidés par l'Etat. Un tel programme, dont l'envergure traduit clairement la volonté de l'Etat de poursuivre l'effort de production de logements, est soutenu, depuis quelques années, par des mesures d'incitation à l'accès au logement et à la promotion immobilière comme prévu lors de la mise en place de ce programme. Via les actions dont la mise en oeuvre est prévue durant ce quinquennat, il est question pour le secteur de l'habitat de renforcer les moyens et de moderniser l'organisation et la gestion au niveau de l'ensemble de la chaîne des intervenants dans l'acte de bâtir. L'objectif est d'aller à l'amélioration continuelle de leur niveau de performance au service du développement du secteur de la construction.

Le second Programme quinquennal est orienté autant vers le développement humain et l'amélioration des conditions sociales des citoyens, que le développement prioritaire de vastes régions du pays, en particulier les Hauts-Plateaux, devenus l'épine dorsale du développement futur de l'Algérie.

Cette dynamique relève de la détermination de l'Algérie à rejoindre les pays modernes et émergents. Le secteur de l'habitat s'inscrit ainsi parmi les projets d'envergure engagés durant ce second quinquennat. Les pouvoirs publics ont décidé qu'après le renforcement de l'économie nationale depuis 2001, l'heure est venue pour la dotation du pays en infrastructures dans divers domaines, dont l'énergie, chemins de fer, barrages, établissements éducatifs et autres.

Le développement de ce volet nécessite des financements colossaux. Cette dynamique consacre une forte présence de l'Etat dans la concrétisation des projets prévus. Il est à noter que quelques 286 milliards de dollars ont été débloqués pour la réalisation du programme d'investissements publics pour la période 2010- 2014. C'est là un volume jamais atteint depuis 1962.

En quelques années seulement, le pays est devenu un large chantier. L'importance des projets lancés en matière de logement n'a pas manqué d'intéresser des opérateurs étrangers. En effet, les Chinois, les Brésiliens et les Américains, entre autres, s'impliquent comme partie prenante dans la réalisation des 2 millions de logements attendus d'ici environ trois années. Ce qui permet à l'Algérie, tant bien que mal, la formation de ses cadres, l'importation du savoir, en plus de l'accélération des réalisations. Cet intérêt porté au secteur de l'habitat se voit vite interposer sur le niveau local. La wilaya de Tizi-Ouzou, par exemple, classe le secteur de l'habitat à la tête de ses préoccupations en lui accordant 83 milliards de dinars sur l'ensemble de l'enveloppe financière évaluée à 265,4 milliards de dinars qui lui est attribuée au titre de ce Plan quinquennal.

Le directeur général de l'Habitat et de la Construction au ministère de l'Habitat et de l'Urbanisme, Mohamed Tahar Boukhari, a affirmé que l'intégration de l'administration dans les différentes phases de réalisation de ce type de logements est un véritable «gardefou » devant permettre de rompre avec toutes les formes de dépassements enregistrés jusque-là dans l'exécution de ces programmes. «L'Algérie a même accusé du retard pour redresser le marché de ce type de logements resté pendant longtemps entre les mains de certains promoteurs immobiliers qui n'ont pas hésité à dicter arbitrairement leur lois et à remettre du n'importe quoi aux bénéficiaires», a souligné M. Boukhari, assurant que «la récréation est bel et bien finie».

L'administration devra désormais superviser le chantier de réalisation de ce type de logements de la phase de désignation des assiettes jusqu'au choix des entreprises de réalisation, et la désignation des souscripteurs ouvrant droit à cette formule destinée aux citoyens dont le revenu ne leur permet pas de bénéficier d'un logement social, a-t-il encore souligné.

En chiffres, les pouvoirs publics peuvent se targuer du mérite d'avoir réussi à réaliser un bon nombre de logements. En effet, après les 800.000 logements en cours de réalisation, mais inscrits durant le Quinquennat précédent, ce sont en tout près de 2.000.000 logements programmés durant la période 2010-2014, soit 800.000 logements publics locatifs, 500.000 logements promotionnels aidés par l'Etat et 700.00 logements ruraux aidés par l'Etat. 1.200.000 logements seront livrés avant l'année 2014. En 2011 par exemple, il a été livré 242.554 logements toutes formules confondues. Est prévue aussi la mise en chantier de 282.782 autres. Ces projets vont nécessiter plus de 260 milliards de dinars, soit une augmentation de 20% par rapport à 2010.

En dépit de la volonté du président, des obstacles existent encore
Même si le chef de l'Etat a indiqué, à maintes reprises, que les efforts entrepris jusque-là dans le secteur de l'habitat doivent être maintenus en vue d'améliorer substantiellement le niveau d'adéquation entre l'offre et la demande de logements, certains obstacles relatifs à la réalisation de la politique publique de logement existent encore. Il s'agit notamment des entraves liées à la réalisation dans les délais impartis de programmes de logements (tous types confondus), l'insuffisance de moyens de réalisation, la sous-qualification des entreprises existantes et le manque d'assiettes d'implantation de projets. Et les pouvoirs publics sont conscients de tout cela. Lors de son passage récemment devant le Conseil des ministres, le Premier ministre Ahmed Ouyahia a cité sur ce point, notamment, le manque d'assiettes foncières et la bureaucratie. En plus des réalisations chiffrées, les pouvoirs publics s'investissent en matière de réglementation, d'autant plus que le secteur en plein pullulement est le terrain de plusieurs pratiques illicites. Aussi bien en matière de construction, de réalisation que d'exploitation des logements, une réglementation adaptée s'avère nécessaire, d'autant que le secteur de l'habitat ne manque pas d'enregistrer certaines données, parfois pénalisantes aussi bien pour les opérateurs qui agissent dans le domaine que pour les citoyens.

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