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Marché des produits alimentaires
Des fluctuations et des raisons …
Une situation inextricable qu'a vécue en effet le pays à l'approche du mois sacré du ramadhan et de la rentrée scolaire. Soudainement, le débat s'enclenche sur l'évolution du marché des produits alimentaires, notamment sur les produits de première nécessité, le lait et le pain. Les questions n'ont pas manqué à ce sujet. L'Etat va-t-il renoncer à la subvention des produits alimentaires ? Le prix de la pomme de terre connaîtra-t-il une baisse après avoir dépassé les 70 dinars le kilogramme ? Le sujet des produits alimentaires devient une préoccupation presque quotidienne, poussant les hautes autorités du pays à réagir publiquement lors des conférences de presse des ministres du Commerce, de la Solidarité nationale et du chef de l'Exécutif afin de mettre un terme aux rumeurs et de rappeler l'engagement de l'Etat à préserver la cohésion sociale.
La rentrée sociale de cette année est particulière. La flambée des prix des principaux produits de large consommation, comme l'huile, le sucre, la semoule, les produits laitiers, les pâtes, pour ne citer que ceux-là, a provoqué des commentaires divers et chacun est allé de sa propre lecture. Certains n'ont pas hésité à désigner la responsabilité des spéculateurs, tandis que d'autres interpellent les pouvoirs publics pour agir dans le but de réguler le marché.
En fait, il faut dire que la flambée des cours mondiaux a eu un effet direct sur le marché algérien. L'Algérie a eu à subir en effet les changements en cours du secteur agricole mondial, avec l'utilisation de plus en plus de la canne à sucre, des graines oléagineuses et des huiles végétales pour produire des combustibles de substitution, tel que le biocarburant et l'éthanol, et la baisse de la production de la poudre de lait, en raison de la diminution de la subvention des pays européens.
La conséquence a été immédiate, et le monde assiste à une envolée des prix des céréales et du lait, notamment. Pour les céréales, les nouvelles conditions météorologiques défavorables et la croissance des superficies cultivées pour la production des biocarburants ont influé sur les cours du blé, à telle enseigne que la flambée enregistrée a été classée historique. En un an, le prix du blé a plus que doublé, alors que les stocks mondiaux sont à leur plus bas niveau. Cette année, l'on estime que la production céréalière mondiale ne pourra pas suffire pour satisfaire la demande, ce qui n'écarte pas encore une augmentation des prix.
Des déséquilibres alimentaires ne sont pas également écartés par des spécialistes en la matière. Une véritable pagaille que les autorités algériennes ne semblent pas ignorer. Le chef de gouvernement,
M. Abdelaziz Belkhadem, a tenu à le souligner lors de sa récente conférence de presse à Djenan El Mithak, tout en avouant que l'Etat mobilisera les moyens financiers nécessaires pour maintenir les prix du pain à leur niveau actuel. Il faut savoir que le sac de semoule de 25 kilogrammes acheté autrefois à 780 dinars se vend aujourd'hui à plus de 1200 dinars. Une augmentation sensible qui a poussé les boulangers à se manifester pour demander un soutien supplémentaire de l'Etat. La pomme de terre n'a pas cessé aussi de provoquer des polémiques. Son prix n'a pas baissé depuis des mois dépassant parfois les 70 dinars. Produit de large consommation, elle devient d'un coup inaccessible pour les petites bourses.
Les analyses n'ont pas manqué à ce propos. Si certains ont évoqué la maladie du mildiou qui a compromis la récole, d'autres ont souligné les conditions climatiques, notamment les pluies du printemps qui ont développé un fort taux d'humidité, ce qui a provoqué également cette maladie. La qualité de la semence importée est pointée du doigt par des professionnels à l'image du président de la Chambre nationale de l'agriculture qui a souligné dans des entretiens accordés à la presse que les importateurs ramènent le dernier choix.
Devant la persistance de la crise de la pomme de terre, les autorités publiques ont décidé d'inonder le marché par le recours à l'importation avec en prime la détaxation des importateurs.
La poudre de lait connaît pour sa part des aléas à telle enseigne que le prix a triplé atteignant les 5000 dollars la tonne. L'Algérie va subir de plein fouet la crise mondiale du lait. Les consommateurs ont été privés à plusieurs reprises de ce produit, en raison des arrêts de travail enclenchés par les industriels privés, qui réclamaient une aide de l'Etat, à travers la subvention des prix. Le problème persiste encore, car le niveau d'aide n'est pas encore tranché et des réunions devront se tenir prochainement entre le ministère du Commerce et les membres de la Fédération des industriels du lait.
Au-delà de la tension que connaît le marché mondial des produits alimentaires, certains parlent d'un marché local livré à la spéculation et à la désorganisation. Sur les marchés de gros, la spéculation mine les prix. La rareté de certains
produits est supposée planifiée pour provoquer une hausse des prix, ne cesse-t-on de signaler par-ci par là.
Les pouvoirs publics ont dû à maintes reprises annoncer la saisie de quantités importantes de produits alimentaires stockés en vue d'une éventuelle spéculation. En tout cas, la situation actuelle du marché n'est pas sûrement la conséquence d'une
mauvaise appréciation ou le résultat d'une décision inadaptée, mais en réalité l'aboutissement d'une politique qui ne semble pas s'inscrire dans la durée et de l'éradication de tous les phénomènes et maux de l'économie algérienne•
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